{"id":25062,"date":"2025-09-23T07:00:56","date_gmt":"2025-09-23T05:00:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/?post_type=actualites&#038;p=25062"},"modified":"2025-10-02T11:33:56","modified_gmt":"2025-10-02T09:33:56","slug":"philip-morris-et-son-empreinte-economique-au-sein-de-lunion-europeenne","status":"publish","type":"actualites","link":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/actualites\/philip-morris-et-son-empreinte-economique-au-sein-de-lunion-europeenne\/","title":{"rendered":"Philip Morris et son \u00ab empreinte \u00e9conomique \u00bb au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\"><em>Lanc\u00e9 \u00e0 Bruxelles en septembre 2025, le nouveau <\/em><span style=\"color: #ff6600\"><strong><span style=\"text-decoration: underline\"><a style=\"color: #ff6600\" href=\"https:\/\/www.politico.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/18\/VFFF-Economic-Footprint-PMI-Print-comprimido-Final.pdf\"><em>rapport<\/em><\/a><\/span><\/strong><\/span><em> de Philip Morris International (PMI) met en avant l\u2019importance de l\u2019entreprise pour l\u2019\u00e9conomie de l\u2019Union europ\u00e9enne. Selon les estimations pr\u00e9sent\u00e9es, ses activit\u00e9s auraient g\u00e9n\u00e9r\u00e9 289 milliards d\u2019euros entre 2019 et 2023, dont 65,8 milliards pour la seule ann\u00e9e 2023, en soutenant l\u2019emploi, la recherche et les communaut\u00e9s locales. Ces chiffres dont la m\u00e9thodologie appara\u00eet pour le moins contestable occultent totalement les externalit\u00e9s n\u00e9gatives induites par l\u2019activit\u00e9 du cigarettier.<\/em><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Les principaux chiffres mis en avant par Philip Morris<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Le rapport de Philip Morris International insiste sur l\u2019ampleur suppos\u00e9e de sa contribution \u00e9conomique. Selon les estimations communiqu\u00e9es, ses activit\u00e9s auraient g\u00e9n\u00e9r\u00e9 289 milliards d\u2019euros entre 2019 et 2023, dont 65,8 milliards pour la seule ann\u00e9e 2023, soit l\u2019\u00e9quivalent de 0,38 % du PIB de l\u2019Union europ\u00e9enne. L\u2019entreprise revendique \u00e9galement le soutien de 21 488 emplois directs et pr\u00e8s de 700 000 emplois influenc\u00e9s \u00e0 travers sa cha\u00eene de valeur, des producteurs agricoles aux distributeurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En mati\u00e8re de finances publiques, PMI affirme avoir contribu\u00e9 \u00e0 hauteur de 181 milliards d\u2019euros de recettes fiscales sur cinq ans, dont 38 milliards en 2023, essentiellement via les droits d\u2019accises. L\u2019entreprise met aussi en avant ses investissements, en particulier dans la recherche et d\u00e9veloppement, avec plus de 300 millions d\u2019euros consacr\u00e9s en Europe sur la p\u00e9riode 2019-2023, ainsi que dans ses cha\u00eenes d\u2019approvisionnement, pour un total de pr\u00e8s de 20 milliards d\u2019euros.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Une \u00e9valuation command\u00e9e et fond\u00e9e sur des donn\u00e9es de l\u2019industrie<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Le rapport pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Bruxelles n\u2019est pas le r\u00e9sultat d\u2019une expertise ind\u00e9pendante. Il a \u00e9t\u00e9 commandit\u00e9 directement par Philip Morris International et confi\u00e9 au cabinet EY-Parthenon\u00a0; de longue date au service du cigarettier. D\u00e8s les premi\u00e8res pages, les auteurs pr\u00e9cisent que les calculs et estimations reposent largement sur les informations transmises par l\u2019entreprise, et que ces donn\u00e9es n\u2019ont fait l\u2019objet d\u2019aucun audit externe ni d\u2019une v\u00e9rification approfondie. La validit\u00e9 des r\u00e9sultats publi\u00e9s d\u00e9pend donc essentiellement de la qualit\u00e9 et de l\u2019exhaustivit\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments fournis par PMI elle-m\u00eame. Le cigarettier est coutumier de ces rapports t\u00e9l\u00e9guid\u00e9s visant \u00e0 \u00eatre au service de sa strat\u00e9gie d\u2019image et de lobby. Les rapports KPMG constituent ainsi une autre illustration de ce genre de pratique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Sur le plan m\u00e9thodologique, l\u2019\u00e9tude utilise un mod\u00e8le d\u2019\u00ab entr\u00e9es-sorties \u00bb afin de mesurer les effets directs, indirects et induits des activit\u00e9s de PMI sur l\u2019\u00e9conomie europ\u00e9enne. Ce type d\u2019outil, couramment employ\u00e9 dans les analyses sectorielles, repose sur des hypoth\u00e8ses simplificatrices et statiques. Il ne prend pas en compte la dynamique r\u00e9elle des \u00e9changes \u00e9conomiques ni les effets de substitution : en d\u2019autres termes, il suppose que les d\u00e9penses allou\u00e9es au tabac dispara\u00eetraient en l\u2019absence de cette consommation, sans consid\u00e9rer qu\u2019elles pourraient \u00eatre r\u00e9orient\u00e9es vers d\u2019autres secteurs g\u00e9n\u00e9rateurs de valeur et d\u2019emplois, de surcro\u00eet beaucoup plus favorables \u00e0 un d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Par ailleurs, dans plusieurs pays, les calculs sont fond\u00e9s sur des donn\u00e9es statistiques agr\u00e9g\u00e9es regroupant l\u2019ensemble du secteur \u00ab alimentation, boissons et tabac \u00bb. Ce choix m\u00e9thodologique contribue \u00e0 gonfler artificiellement l\u2019importance \u00e9conomique du tabac, en l\u2019assimilant \u00e0 des secteurs porteurs et essentiels comme l\u2019alimentation. EY indique avoir appliqu\u00e9 des ajustements lorsque cela \u00e9tait possible, mais sans que ces retraitements soient d\u00e9taill\u00e9s de mani\u00e8re transparente, ni reproductibles par un tiers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Certaines donn\u00e9es mises en avant dans le rapport ne proviennent pas non plus de sources officielles, mais d\u2019extrapolations r\u00e9alis\u00e9es par le cabinet d\u2019audit. C\u2019est le cas, par exemple, des \u00ab marges des d\u00e9taillants \u00bb ou d\u2019une partie des recettes fiscales estim\u00e9es, qui r\u00e9sultent d\u2019approximations plut\u00f4t que de chiffres consolid\u00e9s publi\u00e9s par les administrations nationales.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Des retomb\u00e9es \u00e9conomiques fortement contestables<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Philip Morris International \u00e9value sa contribution \u00e9conomique \u00e0 65,8 milliards d\u2019euros pour l\u2019ann\u00e9e 2023, soit environ 0,38 % du produit int\u00e9rieur brut de l\u2019Union europ\u00e9enne. Pris isol\u00e9ment, ce chiffre peut donner l\u2019impression d\u2019une cr\u00e9ation de richesse. Pourtant, il ne s\u2019agit pas d\u2019une valeur nette ajout\u00e9e pour la soci\u00e9t\u00e9, mais essentiellement d\u2019un flux mon\u00e9taire li\u00e9 \u00e0 la consommation de tabac et de produits nicotiniques. Les sommes d\u00e9pens\u00e9es par les m\u00e9nages pour ces produits ne constituent pas une richesse nouvelle, mais correspondent \u00e0 des arbitrages budg\u00e9taires qui se font au d\u00e9triment d\u2019autres biens et services susceptibles de g\u00e9n\u00e9rer des b\u00e9n\u00e9fices \u00e9conomiques et sociaux plus durables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette pr\u00e9sentation occulte le poids \u00e9conomique consid\u00e9rable des dommages li\u00e9s au tabac. Les <a href=\"https:\/\/www.smokefreepartnership.eu\/our-policy-work\/facts\/the-cost-of-tobacco-use?utm_source=chatgpt.com\">estimations disponibles<\/a> indiquent que le fardeau annuel du tabagisme pour l\u2019Union europ\u00e9enne et l\u2019Association europ\u00e9enne de libre-\u00e9change (AELE) avoisine 97,7 milliards d\u2019euros. Ces co\u00fbts se r\u00e9partissent entre environ 50 milliards de d\u00e9penses directes de sant\u00e9 \u2013 hospitalisations, traitements m\u00e9dicamenteux, soins de longue dur\u00e9e li\u00e9s aux maladies provoqu\u00e9es par le tabac \u2013 et pr\u00e8s de 48 milliards de pertes indirectes, notamment la baisse de productivit\u00e9, l\u2019absent\u00e9isme r\u00e9p\u00e9t\u00e9 et les d\u00e9c\u00e8s pr\u00e9matur\u00e9s qui r\u00e9duisent la dur\u00e9e de vie active de millions de citoyens europ\u00e9ens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La comparaison entre les chiffres avanc\u00e9s par PMI et les co\u00fbts identifi\u00e9s par la recherche ind\u00e9pendante met en \u00e9vidence un d\u00e9s\u00e9quilibre structurel. Le montant de 65,8 milliards d\u2019euros revendiqu\u00e9 comme une \u00ab contribution \u00bb par PMI ne compense pas les charges sociales et sanitaires de l&rsquo;ensemble de l&rsquo;industrie du tabac, qui se chiffrent \u00e0 pr\u00e8s de 100 milliards d\u2019euros chaque ann\u00e9e. L\u2019effet global reste donc particuli\u00e8rement n\u00e9gatif pour les finances publiques comme pour l\u2019\u00e9conomie europ\u00e9enne dans son ensemble.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette dynamique est renforc\u00e9e par une tendance de long terme : le vieillissement de la population et l\u2019augmentation des maladies chroniques accroissent m\u00e9caniquement la part des d\u00e9penses de sant\u00e9 attribuables au tabagisme. Ainsi, chaque euro consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019achat de tabac g\u00e9n\u00e8re des co\u00fbts collectifs sup\u00e9rieurs en soins, en pertes de productivit\u00e9 et en mortalit\u00e9 pr\u00e9matur\u00e9e. Dans cette perspective, la pr\u00e9sentation du tabac comme facteur de prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique ne refl\u00e8te pas la r\u00e9alit\u00e9 des \u00e9quilibres financiers et sociaux de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>L\u2019argument de l\u2019emploi : un leurre social<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019un des axes principaux du rapport de Philip Morris International est l\u2019importance suppos\u00e9e de son r\u00f4le dans le maintien de l\u2019emploi en Europe. L\u2019entreprise revendique plus de 21 000 emplois directs dans l\u2019Union europ\u00e9enne et pr\u00e8s de 700 000 emplois \u00ab influenc\u00e9s \u00bb \u00e0 travers l\u2019ensemble de sa cha\u00eene de valeur, incluant l\u2019agriculture, la production, la logistique et la distribution. Ces chiffres visent \u00e0 mettre en avant une contribution positive et durable au march\u00e9 du travail.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces donn\u00e9es sont l\u00e0 encore particuli\u00e8rement contestables sur un plan m\u00e9thodologique et doivent \u00a0\u00eatre replac\u00e9es dans un contexte plus large. Les emplois li\u00e9s \u00e0 la production et \u00e0 la commercialisation du tabac reposent sur une activit\u00e9 dont la consommation est en d\u00e9clin structurel. Les politiques publiques europ\u00e9ennes et nationales ont fix\u00e9 des objectifs clairs de r\u00e9duction du tabagisme, conform\u00e9ment aux engagements internationaux inscrits dans la Convention-cadre de l\u2019OMS pour la lutte antitabac (CCLAT de l\u2019OMS). Dans ce cadre, les emplois du secteur apparaissent fragiles \u00e0 long terme, car d\u00e9pendants d\u2019un produit dont la demande est appel\u00e9e \u00e0 reculer de mani\u00e8re continue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De plus, la mise en avant de l\u2019emploi ne prend pas en compte un \u00e9l\u00e9ment essentiel : les pertes de productivit\u00e9 g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par le tabagisme. Selon les \u00e9valuations disponibles, le co\u00fbt \u00e9conomique des arr\u00eats maladie, des incapacit\u00e9s de travail et des d\u00e9c\u00e8s pr\u00e9matur\u00e9s li\u00e9s \u00e0 la consommation de tabac exc\u00e8de de mani\u00e8re significative les b\u00e9n\u00e9fices \u00e9conomiques li\u00e9s au maintien de postes dans ce secteur. Chaque ann\u00e9e, des millions de journ\u00e9es de travail sont perdues en Europe en raison des maladies caus\u00e9es par le tabac, ce qui se traduit par un impact n\u00e9gatif sur l\u2019\u00e9conomie bien plus important que l\u2019apport en emplois revendiqu\u00e9 par l\u2019industrie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019argumentation de PMI met \u00e9galement en avant le r\u00f4le de l\u2019entreprise dans le soutien \u00e0 certaines r\u00e9gions productrices de tabac, notamment en Italie, en Gr\u00e8ce ou en Espagne. Cette pr\u00e9sentation tend \u00e0 valoriser une d\u00e9pendance \u00e9conomique locale. Or, cette sp\u00e9cialisation fragilise les territoires concern\u00e9s en les maintenant dans une fili\u00e8re agricole \u00e0 faible valeur ajout\u00e9e et \u00e0 fort co\u00fbt social et sanitaire. Des alternatives agricoles et industrielles existent, mais n\u00e9cessitent des investissements de diversification qui ne sont pas promus par l\u2019industrie du tabac, dont l\u2019int\u00e9r\u00eat est de pr\u00e9server sa base de production.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Enfin, il convient de souligner que la valeur \u00e9conomique attach\u00e9e \u00e0 ces emplois doit \u00eatre mise en balance avec les cons\u00e9quences sanitaires du produit sur lequel ils reposent. Contrairement \u00e0 d\u2019autres secteurs, l\u2019activit\u00e9 de l\u2019industrie du tabac est intrins\u00e8quement li\u00e9e \u00e0 un produit responsable de la mort pr\u00e9matur\u00e9e de centaines de milliers de personnes chaque ann\u00e9e dans l\u2019Union europ\u00e9enne et rend malades des millions d\u2019Europ\u00e9ens chaque ann\u00e9e mettant en p\u00e9ril les syst\u00e8mes de sant\u00e9. Dans cette perspective, la valorisation de l\u2019emploi dans le secteur pour la production d\u2019un bien qui ne r\u00e9pond \u00e0 aucune utilit\u00e9 \u00e9conomique mais est en revanche \u00e0 l\u2019origine de co\u00fbts externalis\u00e9s majeurs pour les \u00e9conomies m\u00e9rite largement d\u2019\u00eatre interrog\u00e9e.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>R&amp;D et transition \u00ab sans fum\u00e9e \u00bb : une communication opportuniste<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">Le rapport de PMI accorde une place importante \u00e0 la recherche et au d\u00e9veloppement, pr\u00e9sent\u00e9s comme la preuve d\u2019un engagement vers un avenir \u00ab sans fum\u00e9e \u00bb. L\u2019entreprise met en avant environ 301 millions d\u2019euros investis dans la R&amp;D en Europe entre 2019 et 2023, ainsi que plus de 14 milliards de dollars au niveau mondial depuis 2008. Par ailleurs, elle souligne qu\u2019en 2023, plus de 40 % de son chiffre d\u2019affaires global proviendrait de produits dits \u00ab sans fum\u00e9e \u00bb, tels que le tabac chauff\u00e9, les cigarettes \u00e9lectroniques ou les sachets de nicotine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pris isol\u00e9ment, ces chiffres donnent l\u2019image d\u2019une transformation en cours. Toutefois, plusieurs \u00e9l\u00e9ments relativisent l\u00e0 encore cette pr\u00e9sentation. Tout d\u2019abord, les investissements annonc\u00e9s doivent \u00eatre rapport\u00e9s aux b\u00e9n\u00e9fices annuels de PMI, qui d\u00e9passent 30 milliards de dollars. \u00c0 cette \u00e9chelle, les d\u00e9penses de R&amp;D restent limit\u00e9es et t\u00e9moignent davantage d\u2019une strat\u00e9gie de diversification commerciale que d\u2019un effort massif de reconversion. Les montants restent aussi modestes au regard des co\u00fbts \u00e9conomiques et sanitaires du tabac, estim\u00e9s \u00e0 pr\u00e8s de 100 milliards d\u2019euros par an dans l\u2019Union europ\u00e9enne et l\u2019AELE.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ensuite, la \u00ab transition \u00bb mise en avant repose sur un double discours. PMI affirme vouloir progressivement abandonner la cigarette traditionnelle, mais celle-ci demeure encore au c\u0153ur de son activit\u00e9 et de ses revenus. La majeure partie du chiffre d\u2019affaires du groupe continue de provenir de la vente de cigarettes combustibles toujours activement promues par le fabricant qui n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 proposer de nouvelles marques de ces produits. De m\u00eame le cigarettier continue \u00e0 s\u2019opposer et contester syst\u00e9matiquement toutes les politiques publiques d\u00e9montr\u00e9es comme efficaces pour r\u00e9duire la consommation de ces produits \u00ab\u00a0classiques\u00a0\u00bb. Dans le m\u00eame temps, l\u2019entreprise s\u2019oppose \u00e0 toute r\u00e9glementation de ses nouveaux produits, qu\u2019il s\u2019agisse du tabac chauff\u00e9 ou des sachets de nicotine. L\u2019image d\u2019une mutation en faveur de la sant\u00e9 publique appara\u00eet donc en d\u00e9calage avec les pratiques de lobbying de l\u2019industrie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019argument de la r\u00e9duction des risques constitue avant tout un \u00a0volet de \u00a0communication du cigarettier. Les produits dits \u00ab sans fum\u00e9e \u00bb ne sont pas d\u00e9pourvus de risques sanitaires et maintiennent une forte d\u00e9pendance nicotinique. Les recherches scientifiques ind\u00e9pendantes ont identifi\u00e9 la pr\u00e9sence de substances toxiques dans les dispositifs de tabac chauff\u00e9, tandis que les sachets de nicotine, particuli\u00e8rement addictifs, posent des questions encore largement d\u00e9battues sur leurs effets \u00e0 long terme. La notion de \u00ab r\u00e9duction des risques \u00bb est donc instrumentalis\u00e9e dans le rapport pour l\u00e9gitimer de nouveaux march\u00e9s, sans garantie d\u2019une am\u00e9lioration substantielle de la sant\u00e9 publique. Les derni\u00e8res \u00e9tudes scientifiques tendent au contraire \u00e0 \u00e9tablir l\u2019effet passerelle de ces nouveaux produits vers les produits de tabac combustibles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Enfin, l\u2019entreprise met en avant ses partenariats avec des acteurs acad\u00e9miques ou ses initiatives de formation afin de renforcer son image d\u2019acteur innovant. Ces d\u00e9marches ne sont pas nouvelles et font partie des tactiques courantes utilis\u00e9es par le cigarettiers depuis des d\u00e9cennies pour renforcer son image d\u2019entreprise cr\u00e9dible. Ce faisant la finalit\u00e9 est de normaliser la pr\u00e9sence de l\u2019industrie du tabac dans des espaces scientifiques et institutionnels, alors m\u00eame que la CCLAT appelle \u00e0 prot\u00e9ger les politiques de sant\u00e9 des ing\u00e9rences de l\u2019industrie. La valorisation de ces partenariats peut ainsi \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme une strat\u00e9gie d\u2019influence visant \u00e0 cr\u00e9dibiliser l\u2019image d\u2019une transformation \u00ab responsable \u00bb.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify\"><strong>Une rh\u00e9torique qui d\u00e9tourne du v\u00e9ritable bilan catastrophique du cigarettier<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify\">La publication de ce rapport s\u2019inscrit dans un contexte politique d\u00e9terminant. L\u2019Union europ\u00e9enne m\u00e8ne actuellement plusieurs r\u00e9visions majeures : la directive sur la fiscalit\u00e9 du tabac (TED), la directive sur les produits du tabac (TPD), mais aussi des textes relatifs aux politiques environnementales et \u00e0 la lutte contre la pollution plastique. A cela s\u2019ajoute toute la r\u00e9flexion engag\u00e9e sur la taxonomie du d\u00e9veloppement durable susceptible de fl\u00e9cher les investissements. Ces r\u00e9formes sont susceptibles de renforcer la r\u00e9glementation de l\u2019industrie, d\u2019exclure cette derni\u00e8re des financements \u00e9thiques et responsables. Au regard des d\u00e9g\u00e2ts induits par ses activit\u00e9s et ses produits, le renforcement de la fiscalit\u00e9 est \u00e0 l\u2019ordre du jour de la r\u00e9vision de ces textes, ce qui expliquerait la multiplication des initiatives de communication de la part de PMI.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans ce cadre, l\u2019industrie du tabac d\u00e9ploie une strat\u00e9gie de lobbying multiforme : diffusion de rapports \u00e9conomiques valorisant son empreinte suppos\u00e9e, organisation d\u2019\u00e9v\u00e9nements institutionnels pour l\u00e9gitimer son r\u00f4le \u00e9conomique, envoi de lettres ouvertes aux institutions europ\u00e9ennes et recours \u00e0 des relais externes \u2013 associations, cabinets d\u2019expertise, acteurs acad\u00e9miques \u2013 afin de cr\u00e9dibiliser son discours. L\u2019objectif est de pr\u00e9senter le secteur comme un acteur \u00e9conomique incontournable et de retarder, voire d\u2019affaiblir, l\u2019adoption de nouvelles r\u00e9glementations plus strictes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, si le rapport insiste sur les contributions \u00e9conomiques de PMI, il doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re de ce contexte politique. Il ne s\u2019agit pas uniquement d\u2019un exercice comptable, mais bien d\u2019un outil de communication destin\u00e9 \u00e0 peser sur des r\u00e9visions l\u00e9gislatives d\u00e9cisives pour l\u2019avenir du tabac et de la nicotine en Europe et en corollaire pour la sant\u00e9 des Europ\u00e9ens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong style=\"text-align: justify\"><a href=\"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/\">\u00a9G\u00e9n\u00e9ration Sans Tabac<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><em><strong>AE<\/strong><\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong style=\"color: #999999\"><a style=\"color: #999999\" href=\"http:\/\/www.cnct.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Comit\u00e9 national contre le tabagisme |<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lanc\u00e9 \u00e0 Bruxelles en septembre 2025, le nouveau rapport de Philip Morris International (PMI) met en avant l\u2019importance de l\u2019entreprise pour l\u2019\u00e9conomie de l\u2019Union europ\u00e9enne. Selon les estimations pr\u00e9sent\u00e9es, ses activit\u00e9s auraient g\u00e9n\u00e9r\u00e9 289 milliards d\u2019euros entre 2019 et 2023, dont 65,8 milliards pour la seule ann\u00e9e 2023, en soutenant l\u2019emploi, la recherche et les communaut\u00e9s locales. Ces chiffres dont la m\u00e9thodologie appara\u00eet pour le moins contestable occultent totalement les externalit\u00e9s n\u00e9gatives induites par l\u2019activit\u00e9 du cigarettier.<\/p>\n","protected":false},"featured_media":25065,"template":"","tags":[],"thematique":[499],"class_list":["post-25062","actualites","type-actualites","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","thematique-lobby"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/actualites\/25062","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/actualites"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/actualites"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/actualites\/25062\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":25142,"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/actualites\/25062\/revisions\/25142"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/25065"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25062"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=25062"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.generationsanstabac.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=25062"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}