Consommation et perceptions des produits du tabac et du vapotage dans l’UE

Depuis 2003, la Commission européenne mène régulièrement des sondages pour évaluer les comportements et les perceptions des européens sur les questions liées au tabac et à la nicotine. L’objectif de cette étude est de dresser un panorama des consommations tabagiques et nicotiniques, l’exposition aux publicités, afin d’aider à l’identification des mesures à mettre en œuvre pour réduire le tabagisme en Europe.

Cette étude a été réalisée par l’institut de sondage Kantar, auprès d’un échantillon de 27 237 personnes, représentatif de la population européenne et pondéré par pays.

Prévalence du tabagisme dans l’Union européenne

L’Union européenne et le Royaume-Uni comptent 23% de fumeurs parmi les personnes âgées de 15 ans (-3 points par rapport à 2017), 22% d’anciens fumeurs (+2 points) et 55% de personnes n’ayant jamais fumé (+2 points).

59% de ceux qui utilisent des cigarettes électroniques sont également fumeurs, contre 79% de consommateurs de tabac chauffé. 78% des fumeurs de tabac classique consomment des cigarettes manufacturées tandis que 28% fument du tabac à rouler (une partie des deux consomment des deux).

Nombre de cigarettes fumées par jour

8% des fumeurs consomment au moins 21 cigarettes chaque jour (-1 point), et 45% consomment entre 11 et 20 cigarettes (+1 point). Pour les anciens fumeurs : 12% fumaient 21 cigarettes ou plus (-3 points), tandis que 38% consommaient entre 11 et 20 cigarettes par jour (-1 point).

Un fumeur européen fume en moyenne 14,2 cigarettes par jour. La Grèce et la Suède sont respectivement les pays où l’on enregistre le plus fort et le plus faible nombre de cigarettes consommées par jour et par fumeur (18,7 et 9,2). En France, un fumeur consomme en moyenne 11,8 cigarettes par jour (0,4 de moins par rapport à 2017).

Consommation de cigarettes électroniques et de produits du tabac chauffés

Plus les répondants sont jeunes, plus ils sont susceptibles d’avoir essayé des cigarettes électroniques ou du tabac chauffé. Un quart des jeunes (15-24 ans) ont au moins essayé la cigarette électronique, contre 8% des plus âgés (> 55 ans).

Comme le montre le graphique ci-dessous, les plus jeunes sont également les plus susceptibles de consommer des cigarettes électroniques ou du tabac chauffé.

Cigarettes électroniques : consommation

48% des consommateurs de cigarettes électroniques avec nicotine l’utilisent quotidiennement, contre 10% des consommateurs de cigarettes électroniques sans nicotine.

Parmi les non-fumeurs consommateurs de cigarettes électroniques, 73% l’utilisent quotidiennement, contre 43% des fumeurs et consommateurs de cigarettes électroniques. Les saveurs les plus populaires sont les saveur fruitées (48%), suivies de la saveur de tabac (36%) et de la saveur menthol (30%). Enfin, 7% des non-utilisateurs déclarent trouver les cigarettes électroniques attirantes, principalement chez les jeunes.

Utilisation des produits du tabac chauffé

58% des utilisateurs de tabac chauffé sont consommateurs quotidiens. 6% des non-consommateurs les trouvent attrayants, à nouveau essentiellement parmi les jeunes.

Début et durée du tabagisme

En moyenne, le tabagisme régulier commence à 17,8 ans. 54% des fumeurs actuels et ex fumeurs ont commencé avant cet âge : 39% avaient entre 15 et 17 ans, 15% avaient moins de 15 ans, et 38% ont commencé entre 18 et 25 ans. L’entrée dans le tabagisme régulier est différente de l’initiation au tabagisme. En France, la première cigarette est fumée en moyenne à 14,4 ans.

39% ont fumé pendant une période de 21 à 40 ans, 21% plus de 40 ans, 20% une période de 11 à 20 ans. 81% des consommateurs ont eu leur première expérience avec une cigarette classique, 6% avec du tabac à rouler, 4% (+1 point) avec un narguilé, 2% (+1 point) avec une cigarette électronique, 2% (+1 point) avec un cigare, 1% (+1 point) avec le snus, produit commercialisé dans un nombre très limité de l’Union Européenne.

L’arrêt du tabac

53% des fumeurs ont tenté d’arrêter de fumer à un moment donné (-2 points). Ceux qui fument conjointement des produits du tabac traditionnels et des cigarettes électroniques ont un taux de tentative plus élevé que les autres (68%). Enfin, 20% des personnes interrogées (non-fumeurs compris), pensent que les cigarettes électroniques aident les fumeurs à arrêter, dont une majorité de jeunes.

Raisons de la consommation de cigarettes électroniques ou de produits du tabac chauffés

Parmi les consommateurs de cigarettes électroniques :

  • 57% l’ont fait pour tenter de réduire leur consommation de tabac ;
  • 37% ont commencé parce qu’ils pensaient que le vapotage était moins nocif que la consommation classique de tabac ;
  • 23% en raison du plus faible prix des cigarettes électroniques ;
  • 20% ont indiqué les saveurs des cigarettes électroniques ;
  • 17% en raison des plus faibles restrictions de consommation dans certains lieux ;
  • 16% en raison de leurs amis ;
  • 8% invoquent la dimension attrayante et « cool » de la cigarette électronique.

Lorsque l’on compare ces résultats avec ceux de l’enquête précédente de 2017, les changements les plus notables sont la diminution de la proportion d’utilisateurs déclarant avoir commencé à utiliser des cigarettes électroniques pour arrêter ou réduire leur tabagisme (-4 points), et les augmentations significatives des parts de ceux indiquant aimer les saveurs des cigarettes électroniques (+8 points), penser que le vapotage était moins nocif que l’usage du tabac (+6 points) et commencer en raison de leurs amis (+5 points).

Cigarettes électroniques et tabac chauffé : perceptions sur la santé

65% (+10 points) des répondants pensent que les cigarettes électroniques sont nocives pour la santé, contre 64% pour les produits du tabac chauffé.

Publicité pour le tabac, le tabac chauffé, et publicités pour les cigarettes électroniques

39% ont vu des publicités pour des cigarettes électroniques, des liquides ou des cartouches de recharge. Plus d’un tiers pour des produits du tabac à fumer, et 29% pour des produits du tabac chauffé. Les plus jeunes sont les plus susceptibles d’avoir vu ces publicités.

Le graphique dessus présente les principaux lieux d’exposition aux publicités en faveur des produits du tabac et de la nicotine. Les évolutions les plus notables par rapport à l’enquête de 2014 sont les augmentations des proportions mentionnant les réseaux sociaux ou blogs en ligne (+10 points), les points de vente (+7 points), les sites Web des détaillants et les applications de téléphonie mobile (tous deux à +5 points).

Les résultats sont très différents selon les pays, dont les réglementations peuvent varier. 25% en Autriche et 24% en Hongrie indiquent des événements parrainés ou organisés par des fabricants de tabac, suivis de 14% au Royaume-Uni. Cette proportion chute à 1% au Danemark, et à 2% en Lituanie ou à Malte.

Plus d’une personne sur dix en Grèce (17%), en Estonie (14%), en Bulgarie et en Hongrie (11% dans les deux cas) déclare avoir été exposée à des publicités en faveur de produits du tabac à fumer par le biais de la distribution d’articles promotionnels par des fabricants de tabac. A nouveau, cette proportion chute à moins de 1% à Malte, en Lituanie et au Danemark.

Attitudes à l’égard des politiques de contrôle du tabac et de la nicotine

70% (+7 points) des interrogés sont favorables à l’interdiction de l’utilisation des cigarettes électroniques et de tabac chauffé dans les lieux où il est interdit de fumer, 47% sont en faveur de l’emballage neutre pour les cigarettes (+1 point), 47% se déclarent en faveur de l’interdiction des arômes dans les cigarettes électroniques (-7 points).

Une grande majorité de ceux qui n’ont pas ou peu consommé de cigarettes électroniques (71%) ou de produits du tabac chauffé (72%) pensent que ces produits devraient être réglementés aussi strictement que les cigarettes manufacturées.

©Génération Sans Tabac

©Comité National Contre le Tabagisme |

Publié le 24 février 2021