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Tabagisme et maladies cardio-vasculaires en période Covid : une mauvaise équation

Alors que la prochaine journée mondiale du cœur se déroulera le 29 septembre 2020, l’OMS (Organisation mondiale de la santé), la Fédération du cœur et l’université de Newcastle (Australie) ont publié un nouveau dossier sur le lien entre le tabac et les cardiopathies coronariennes.

Un réel danger

1,9 millions de personnes meurent chaque année de maladies cardiaques dues au tabagisme, responsables notamment de 20 % des décès dus aux maladies coronariennes. Les auteurs du rapport recommandent donc naturellement aux fumeurs de cesser leur pratique au plus vite, rappelant qu’ils sont davantage susceptibles d’être victime d’un accident cardiovasculaire aigu que les non-fumeurs, et à un âge moins avancé. Ils insistent également sur le fait que le risque de développer une maladie cardiaque existe même pour quelques cigarettes par jour, et même dans le cadre des tabagismes occasionnel et passif.

Maladies cardiovasculaires et Covid-19 : un risque accru

Une enquête récente de l’OMS a révélé que parmi les personnes décédées de la Covid-19 en Italie, 67 % avaient une tension artérielle élevée. En Espagne, c’était 43 % qui vivaient avec une maladie cardiaque. Ces chiffres confirment la thèse selon laquelle l’hypertension et les maladies cardiaques augmenteraient le risque de développer une forme grave de la Covid-19. Ils amènent Vinayak Prasad, chef d’unité au sein de l’Unité sans tabac de l’OMS à affirmer que : « Les gouvernements ont la responsabilité de protéger la santé de leur population et d’aider à inverser l’épidémie de tabagisme. Rendre nos communautés sans fumée réduit le nombre d’hospitalisations liées au tabac, ce qui est plus important que jamais dans le contexte de la pandémie actuelle ».

L’accompagnement au sevrage : une nécessité sanitaire

Selon Eduardo Bianco, président du groupe d’experts sur le tabac de la Fédération mondiale du cœur : « Étant donné le niveau actuel de preuves sur le lien entre tabac et santé cardiovasculaire ainsi que les avantages pour la santé de cesser de fumer, ne pas offrir des services de sevrage aux patients atteints de maladies cardiaques pourrait être considéré comme une faute professionnelle clinique ou une négligence. Les sociétés de cardiologie devraient former leurs membres à l’abandon du tabac, ainsi que promouvoir et même stimuler les efforts de plaidoyer pour la lutte antitabac ».

Ainsi, réduire la prévalence du tabagisme est un véritable enjeu de santé publique. Il est donc du devoir des gouvernements d’augmenter les taxes sur le tabac et de faire respecter les interdictions liées à la publicité, mais aussi d’offrir des services de sevrage aux personnes désireuses de renoncer au tabac.

 

La version française du rapport de l’OMS est disponible ici.

 

©Génération Sans Tabac


[1] Tobacco responsible for 20% of deaths from coronary heart disease, www.world-heart-federation.org (22 septembre 2020 – consulté le 23 septembre 2020).

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Publié le 23 septembre 2020