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Québec : les services gratuits d’aide à l’arrêt du tabac sont efficaces mais sous utilisés

Un sondage réalisé par l’Institut de la Statistique du Québec pour l’Institut national de Santé publique du Québec[1], auprès d’un échantillon représentatif de plus de 1300 fumeurs et anciens fumeurs montre que les services d’aide à l’arrêt du tabac sont connus mais encore peu utilisés. Les traitements de substituts nicotiniques (TSN) comme les gommes ou les timbres sont également connus et jugés utiles mais restent eux aussi, peu utilisés par les fumeurs dans leurs tentatives d’arrêt.

S’appuyant sur des participants de l’Enquête québécoise sur la santé de la population (EQSP) 2020- 2021, l’Institut de la Statistique du Québec a interrogé un panel représentatif de 1336 fumeurs et anciens fumeurs ayant cessé de fumer au cours de l’année précédente, tous âgés de 18 ans et plus.

Selon la plus récente édition de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC), la prévalence de la consommation de cigarettes chez les Québécois de 12 ans et plus se situait à 13 % en 2021.

Des services connus, jugés utiles mais peu utilisés par les fumeurs

Au Québec, des services gratuits d’aide à l’arrêt, à l’instar de la ligne téléphonique J’ARRÊTE, sont en place depuis plus de 20 ans et les traitements de substitutions nicotiniques sont intégralement remboursés. Plus récemment, a été mis en place un service de messagerie textuelle pour arrêter le tabac (SMAT). Il existe également plus de 150 centres d’arrêt du tabac au Québec offrant des conseils soutenus aux personne (SAT) et les pharmaciens sont autorisés à prescrire des aides pharmacologiques.

Les résultats du sondage montrent que la ligne téléphonique et le site J’ARRÊTE, sont respectivement connus par 81 % et 61 % des fumeurs et anciens fumeurs récents. Leur utilisation par ces derniers concerne respectivement 2 % et 8 % des interrogés. Quant à certains TSN, comme les gommes ou les pastilles de nicotine, ils sont connus par plus de 95% des personnes interrogées mais utilisés par moins de 10% des concernés. Le remboursement complet de ces traitements par le régime d’assurance est connu par la moitié des fumeurs. Pami les fumeurs ayant fait une tentative d’arrêt, seuls 20% d’entre eux ont reçu une prescription pour une aide pharmacologique mais 64 % d’entre eux ont trouvé le remboursement extrêmement ou très utile pour arrêter de fumer ou ne pas recommencer. Parmi les fumeurs qui connaissaient l’existence du bupropion (59 %), seulement 5 % l’avaient utilisé mais 80 % de ces utilisateurs l’avaient trouvé énormément ou très utile à l’arrêt tabagique.

Les CAT quant à eux, qui étaient connus par la moitié des fumeurs (51 %), avaient été utilisés par 4 % d’entre eux mais jugés utiles par 64% d’entre eux. Le sondage a également demandé aux répondants ayant fait une tentative d’arrêt quels autres moyens ils avaient utilisés, 28% d’entre eux ont répondu avoir eu recours à la cigarette électronique et 50% d’entre eux ont indiqué qu’ils l’avaient trouvée extrêmement ou très utile à leur démarche. Les auteurs précisent cependant que ce moyen n’est pas recommandé au même titre que les services et les aides pharmacologiques pour cesser de fumer.

Chez les fumeurs ayant tenté de cesser de fumer dans la dernière année et les anciens fumeurs récents, la raison la plus fréquemment citée pour expliquer pourquoi ils n’avaient pas eu recours aux services ou aux aides pharmacologiques est l’intention d’arrêter de fumer par soi-même. Concernant l’usage des TNS, en particulier du buproprion ou de la varénicline, 37% des répondants ont avancé l’inquiétude face aux effets secondaires ou d’interactions avec d’autres médicaments.

Les professionnels de santé encore trop peu enclins à intégrer l’arrêt du tabac dans le parcours de soin

Parmi les fumeurs interrogés, qui ont consulté un médecin dans les 12 derniers mois précédant l’enquête, moins de la moitié (49 %) ont été interrogés par le praticien quant à leur intention d’envisager ou d’arrêter de fumer. 15% seulement des pharmaciens ont abordé l’arrêt du tabac au cours de la même période alors que ceux-ci sont habilités à prescrire des substituts. Une majorité des fumeurs (54%) considèrent pourtant que c’est le rôle de ces professionnels de santé de donner des conseils à leurs patients pour arrêter de fumer.

Les études montrent qu’une minorité de fumeurs parvient à arrêter sans aide extérieure et que l’entourage du fumeur, en particulier les professionnels de santé jouent un rôle primordial. En effet, l’accompagnement par un professionnel de santé augmente de 70% les chances pour un fumeur de réussir son sevrage.

Mots-clés : Québec, arrêt du tabac, Canada, professionnels de santé, traitements de substitution nicotinique, fumeurs

©Génération Sans Tabac

AE


[1] Rapport d’analyse, Connaissance, utilisation et utilité des services et aides au renoncement au tabac chez les fumeurs et anciens fumeurs récents au Québec : 2022, Institut national de santé publique du Québec, consulté le 23 février 2024

Comité national contre le tabagisme |

Publié le 29 février 2024