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Philip Morris accuse le ministère de la santé du Royaume-Uni de désinformation

Le fabricant Philip Morris International a accusé le ministère de la santé du Royaume-Uni de diffuser de la désinformation concernant la toxicité du tabac à chauffer. Le discours du cigarettier minimisant les risques sanitaires du tabac à chauffer s’explique par la nécessité économique à laquelle est confronté Philip Morris, dans un contexte de réduction constante des volumes de vente des cigarettes manufacturées[1].

Dans une série de publications sur les réseaux sociaux, le ministère de la santé du Royaume-Uni déconstruit un certain nombre de mythes sur la consommation de tabac, sur ses dangers sanitaires, son coût pour les finances publiques, le commerce illicite, la prévalence des jeunes générations. Dans l’une des publications, le compte X (ex-Twitter) du ministère met en lumière les dangers sanitaires de la consommation du tabac à chauffer, en expliquant notamment qu’aucune preuve scientifique n’est à ce jour en mesure de démontrer que ce nouveau dispositif aide les gens à arrêter de fumer des produits du tabac traditionnels. Dans une lettre ouverte, le fabricant estime que de telles déclarations « déforment la base des preuves scientifiques » et « induisent sérieusement le public en erreur ». Pour la directrice de la communication de Philip Morris International, bien que le tabac à chauffer ne soit pas totalement dépourvu de toxicité, une telle affirmation du ministère de la santé est problématique, en ce qu’elle laisserait entendre que tous les produits du tabac seraient également nocifs.

Le tabac à chauffer au moins aussi nocif que la cigarette classique

Sur le plan scientifique, aucune étude indépendante ne permet de dire que la consommation de tabac à chauffer se traduit par une réduction des risques, par rapport à la consommation d’une cigarette manufacturée. Les données disponibles à ce jour tendent davantage à démontrer que la consommation de tabac à chauffer entraîne un risque « modifié » et non « réduit ». Une récente étude scientifique allemande considère même que le tabac à chauffer serait au moins aussi nocif que la cigarette manufacturée sur les plans respiratoire et cardiovasculaire.

La stratégie du doute et de la désinformation pour rassurer le consommateur et le législateur

De telles déclarations de la part du fabricant sont récurrentes, et visent à entretenir un doute sur la question de la nocivité de ses propres produits. Cette stratégie de désinformation poursuit deux objectifs principaux : d’une part, rassurer le consommateur, voire l’inciter à la consommation vers des produits permettant de générer des marges bénéficiaires plus importantes que pour les cigarettes manufacturées, et d’autre part, faire croire à l’existence d’un débat ou d’une controverse scientifique sur le sujet de la nocivité du tabac à chauffer, et ainsi dissuader les pouvoirs publics de mettre en place des politiques de santé publique. L’implantation durable du tabac à chauffer est un enjeu économique vital pour l’industrie du tabac, confrontée à une diminution du tabagisme à l’échelle mondiale. Il y a quelques semaines, les revenus liés à la vente d’IQOS, le dispositif de tabac à chauffer de Philip Morris, sont passés pour la première fois au-dessus de ceux de la marque phare du fabricant, Marlboro.

Mots-clés : Tabac à chauffer, Philip Morris International

©Génération Sans Tabac

FT


[1] The Grocer, Tobacco giant accuses government of ‘spreading misinformation’, 24/04/2024, (consulté le 29/04/2024)

Comité national contre le tabagisme |

Publié le 5 mai 2024