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Nouvelle-Zélande : financement d’une étude sur le marketing du tabac et de l’alcool sur les réseaux sociaux

Le nouveau financement annoncé le 14 mai 2020 par le Conseil néo-zélandais de la recherche en santé permettra à l’Université de Massey de mener une enquête de deux ans sur l’étendue et les pratiques liées à l’utilisation d’influenceurs des médias sociaux pour promouvoir leurs produits, lesquels sont particulièrement néfastes pour la santé des jeunes.

Maître de conférences à la School of English and Media Studies, le Dr Ian Goodwin dirigera l’étude sur l’utilisation d’influenceurs et d’autres personnes célèbres ou connues des médias sociaux pour présenter des produits tels que les cigarettes, les cigarettes électroniques et l’alcool.

La plupart des pays ont des réglementations prévoyant des restrictions voire des interdictions de publicité strictes concernant des produits ayant des effets nocifs connus sur la santé, tels que le tabac. Les canaux publicitaires traditionnels tels que la presse écrite, la télévision, l’affichage, les promotions sur les lieux de vente etc… sont couvertes par ces réglementations. Cependant, l’utilisation des influenceurs des médias sociaux est beaucoup moins contrôlée et les publics ont souvent moins de capacité à discerner ce qui relève de la publicité des véritables recommandations de produits.

En 2018, une étude d’une durée de deux ans[1] pourtant sur 40 pays, a révélé que plus de 100 campagnes avaient été développées par des multinationales du tabac sur les médias sociaux et qu’elles avaient secrètement associé des influenceurs des médias sociaux pour publier des images de leurs produits du tabac et du vapotage[2].

Les médias sociaux ont radicalement modifié la façon dont les entreprises commercialisent des produits dangereux auprès des jeunes. Les influenceurs incarnent ces changements et ces nouvelles tendances. Et pourtant nous savons peu de choses sur la nature ou l’étendue de leurs pratiques. Les influenceurs font partie intégrante des stratégies tenues secrètes des actions de marketing dites « sous le radar » qui caractérisent les médias sociaux. Ces lignes floues entre le contenu généré par les utilisateurs et le contenu commercial rendent les réglementations de marketing de la santé publique difficiles et par conséquence la mesure de prévention moins efficace.

En se concentrant sur l’alcool, le tabac et le vapotage, la nouvelle recherche a l’intention d’utiliser des méthodologies innovantes et des logiciels de pointe pour explorer et analyser le marketing d’influence sur les plateformes sociales telles qu’Instagram. Cette recherche exploratoire espère éclairer les débats nationaux et mondiaux en cours sur la réglementation du marketing numérique et décisions politiques qui s’ensuivront pour protéger la santé publique.

L’étude du Dr Goodwin est l’un des 17 projets Explorer soutenus financièrement par le Health Research Council. Elle porte sur une valeur totale de 2,55 millions de dollars.

©Génération Sans Tabac


[1] https://www.nytimes.com/2018/08/24/health/tobacco-social-media-smoking.html

[2] https://cnct.fr/actualites/influenceurs-marketing-dissimule-tabac/

©Comité National Contre le Tabagisme |

Publié le 14 mai 2020