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Les chichas gagnent du terrain dans la capitale ivoirienne

Le 17 juin 2019, le Parlement ivoirien votait sa toute première loi antitabac et s’alignait ainsi sur la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), alors signée en 2002 puis ratifiée en 2005. Cette loi venait en complément du décret interdisant la consommation de tabac dans les lieux accueillant du public ainsi que dans les transports en commun pour organiser “la culture, la production, la commercialisation et la publicité du tabac et des produits du tabac”[1]. Ces nouvelles dispositions venaient durcir les mesures ivoiriennes antitabac dans un contexte d’inquiétude face à la montée en popularité des nouveaux produits du tabac, à l’instar des chichas et cigarettes électroniques.

La chicha, un business très lucratif et en plein essor en Côte d’Ivoire

La chicha est devenue l’élément incontournable dans les soirées de la capitale ivoirienne. Les ivoiriens d’une vingtaine voire trentaine d’années s’adonnent à la consommation de chicha en groupe, dans les bars et restaurants, souvent de 18h à minuit[2].

Concernant la Côté d’Ivoire, la prévalence tabagique est estimée à 14,5%. Plus inquiétant, chez les 13-15 ans, 19% seraient déjà fumeurs[3]. Cette situation serait à l’origine de plus de 5 000 décès annuels imputables au tabac.

Il s’agit là d’une situation déjà alarmante en soi et qui risque de s’en retrouver encore plus exacerbée par la cote de la chicha et la méconnaissance de ses dangers par ses consommateurs. Pour rappel, une séance de chicha est l’équivalent de 20 à 30 cigarettes, en termes de consommation : un détail que les industriels se gardent bien de mettre en avant. Les arômes en sont le principal attrait, ce qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler les liquides de cigarette électronique.

Le gouvernement ivoirien s’engage dans la lutte antitabac

Les autorités s’assurent de la bonne application de la loi antitabac pour limiter l’entrée des jeunes dans le tabac et détourner les tentatives d’ingérence des industriels du tabac. Ainsi, des contrôles inopinés ont lieux et les établissements contrevenants encourent des sanctions pécuniaires allant de 50 000 à 250 000 FCFA voire la fermeture. Les fumeurs, quant à eux, s’exposent à des amendes allant de 15 000 à 100 000 FCFA.

Plus récemment, à l’occasion de la 33ème journée sans tabac, le Ministre ivoirien de la Santé, M. Aka Aouélé affichait publiquement “son engagement à arracher les jeunes ivoiriens des griffes de l’industrie du tabac”[4]. en rappelant la nécessité de mettre à nu les tactiques de l’industrie du tabac qui utilise des nouveaux produits et des emballages attrayants pour attirer les jeunes dans ses filets mortels.

©Génération Sans Tabac


[1] https://www.connectionivoirienne.net/2019/07/23/sante-lutte-antitabac-la-cote-divoire-se-dote-enfin-dune-loi/

[2] https://news.abidjan.net/h/622168.html

[3] http://www.atoo.ci/2019/06/05/cote-divoire-19-des-adolescents-de-13-a-15-ans-sont-fumeurs-deplore-loms/

[4] https://www.fratmat.info/article/205341/Politique/Aka%20Aou%C3%A9l%C3%A9/33e-journee-mondiale-sans-tabac-pour-les-jeunes-aka-aouele-engage-le-combat-contre-lindustrie-du-tabac

 ©DNF – Pour un Monde ZeroTabac |

Publié le 3 juillet 2020