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Étude : quel est l’impact des campus sans tabac ?

Une revue de la littérature, publiée dans le Journal of Epidemiology and Population Health et consacrée aux campus sans tabac, montre qu’une telle mesure est efficace en ce qu’elle contribue à dénormaliser le tabagisme, à réduire la prévalence tabagique, l’exposition à la fumée, et la présence de mégots. Toutefois, la revue de la littérature pointe notamment le manque de conformité des établissements, la dégradation de la qualité de l’air à proximité du campus.

Le revue de littérature s’est basée sur 54 articles publiés dans des revues scientifiques analysant l’impact de la mise en place de campus sans tabac. La grande majorité des études étaient consacrées à des expériences états-uniennes (44 articles)[1].

Une évolution positive de l’acceptabilité des campus sans tabac

Une grande majorité des recherches menées sur le sujet montrent que cette mesure diminue les attitudes positives à l’égard du tabagisme. L’acceptabilité du campus sans tabac a tendance à augmenter au fur et à mesure du temps auprès des étudiants, des employés et des utilisateurs. Comme les auteurs le soulignent, le soutien du public au campus du tabac est nécessaire, car il renforce la perception négative du tabac, améliore la perception positive de l’efficacité des campus sans tabac sur la santé des utilisateurs, tout en renforçant les connaissances en matière de pollution environnementale. Certaines études tendent toutefois à montrer que les fumeurs et anciens fumeurs peuvent s’opposer à ce dispositif, en raison d’un sentiment de stigmatisation et d’atteinte aux libertés individuelles.

Un outil de dénormalisation du tabagisme

La revue de la littérature montre que certains articles soulignent la méconnaissance des règles spécifiques, ainsi que des services d’aide à l’arrêt mis à disposition pour les utilisateurs. Les études tendent à montrer que les campus sont tabac sont perçus comme efficaces pour réduire la consommation tabagique et le tabagisme passif, pour aider à l’arrêt, et plus généralement, pour protéger la santé des utilisateurs du campus. Si une étude indique que les campus sans tabac n’accroissent pas les connaissances des étudiants sur les risques liés au tabagisme, quatre autres études soulignent que la mesure diminue les croyances positives associées au tabagisme (consommation de tabac et de nicotine associée à une perte de poids, etc.). Les campus sans tabac participent par ailleurs à la dénormalisation du tabagisme, et tendent à favoriser l’intervention des étudiants auprès de personnes enfreignant les interdictions de fumer, pour les encourager à se conformer à la politique du campus.

Un manque de conformité des campus sans tabac

La revue de la littérature souligne toutefois que la bonne conformité des établissements au dispositif demeure un enjeu majeur, puisqu’une majorité d’études montre que la plupart des fumeurs ne respectent pas l’interdiction de fumer des établissements. Le manque de connaissance des utilisateurs du campus est avancé pour expliquer ces faibles niveaux de conformité. Cependant, quinze études incluses dans la revue de littérature indiquent que la mise en place d’un campus sans tabac se traduit par une réduction de la prévalence tabagique, qui s’intensifie avec le temps. De ce fait, on observe une prévalence tabagique plus faible dans les campus sans tabac que dans les autres établissements. Néanmoins, cette politique n’est pas identifiée par les anciens fumeurs comme étant leur principale motivation à l’arrêt, et est en elle-même considérée insuffisante pour provoquer la cessation.

Un bilan environnemental positif

Sur le plan environnemental, les études montrent que les campus sans tabac réduisent l’exposition autodéclarée au tabagisme passif. Toutefois, la qualité de l’air est dégradée dans les zones aux environs des campus, où se concentrent les utilisateurs pour fumer. En parallèle, les études tendent à montrer que la mise en place de la mesure contribue à réduire la présence de mégots au sol. De ce fait, ces politiques permettent aux établissements de réduire leurs coûts de nettoyage et d’entretien.

Mots-clés : Campus sans tabac

©Génération Sans Tabac

FT

 

[1] Gnonlonfin, Geindreau, Gallopel-Morvan, What are the effects of smoke-free and tobacco-free university campus policies, and how can they be assessed ? A systematic review, 04/2024, (consulté le 10/04/2024)

Comité national contre le tabagisme |

Publié le 13 avril 2024