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Etude : l’exposition aux contenus pro-tabac/vapotage sur les réseaux sociaux favorise l’initiation des jeunes

Publiée dans la revue Addictive Behaviors[1], une étude révèle que l’utilisation fréquente des réseaux sociaux est liée à un risque accru d’initiation par les jeunes de produits du tabac et du vapotage. Les jeunes n’ayant jamais consommé de tabac et autres produits contenant de la nicotine et utilisant quotidiennement les médias sociaux étaient, dans cette étude, 67 % plus susceptibles de commencer à en consommer un an après, par rapport aux jeunes qui utilisaient ces plateformes moins fréquemment.

Pour cette étude, les auteurs ont examiné les relations possibles entre le degré d’exposition aux médias sociaux et le risque d’initiation aux produits du tabac et de la nicotine. Pour ce faire, ils ont eu recours aux données de l’étude US Population Assessment for Tobacco and Health, une étude nationale représentative des jeunes Américains âgés de 12 ans et plus, menée par le National Institute on Drug Abuse et la Food and Drug Administration. En se concentrant sur les données recueillies au cours des deux vagues de l’enquête, de 2014 à 2016, l’équipe a identifié 8 672 jeunes qui n’avaient jamais consommé de produits du tabac auparavant. Parmi ce groupe, 63,5 % utilisaient quotidiennement les médias sociaux et 3,3 % aimaient ou suivaient une ou plusieurs marques de tabac/vapotage sur les médias sociaux.

Une exposition quotidienne sur les réseaux sociaux favorise l’initiation à la nicotine

Les médias sociaux constituent un environnement essentiel pour la socialisation et la recherche d’informations chez les adolescents. En effet, plus de 90 % des jeunes de 13 à 17 ans utilisent au moins une plateforme de médias sociaux aux États-Unis. L’augmentation du temps passé sur les médias sociaux accroît les possibilités d’exposition à des contenus liés au tabac et à la nicotine. De nombreux travaux antérieurs ont déjà établi des liens entre l’exposition à des contenus favorables au tabac ou autres produits de la nicotine et l’initiation à ces produits. Dans cette étude, les jeunes n’ayant jamais consommé de tabac ou autres produits de la nicotine et ayant déclaré utiliser les médias sociaux quotidiennement étaient 67 % plus susceptibles de déclarer avoir commencé à consommer un ou plusieurs produits du tabac ou de la nicotine environ un an plus tard.

Les jeunes qui ont indiqué interagir directement avec les marques de tabac/vapotage sur les réseaux sociaux (aimer, partager, commenter des publications) étaient 34 % plus susceptibles de s’initier à un produit du tabac/vapotage. Parmi ceux qui se sont initiés, plus de 60% d’entre eux, susceptible d’e rentrer dans une poly-consommation de produits du tabac ou de la nicotine dans l’année suivant l’enquête.  Ainsi lors du suivi, environ 1 an plus tard, 8,7 % des jeunes, initialement non-consommateurs, ont déclaré avoir commencé à fumer/vapoter et 3,2 % ont commencé à utiliser au moins 2 produits.

Les fabricants de tabac et de produits du vapotage investissement massivement les médias sociaux

Internet et les réseaux sociaux offrent aux fabricants de nouvelles opportunités pour promouvoir des produits addictifs et placer des publicités ciblées, notamment en direction des jeunes, de manière continue. Pour redorer son image ternie, l’industrie du tabac tente de normaliser la consommation de nicotine en se positionnant sur le caractère novateur et moderne des nouveaux produits. Elle les promeut via des influenceurs sur les plateformes plébiscitées par les plus jeunes (Instagram, Tiktok). En 2023, une méta-analyse[2] de l’organisation américaine Truth Initiative démontrait que l’industrie du tabac utilise massivement les réseaux sociaux pour faire de la publicité pour ses nouveaux produits du tabac et de la nicotine. Son optique est également de contourner les restrictions en place (par exemple sur l’interdiction des arômes) et de diffuser des informations qui se veulent rassurantes à l’attention du consommateur. L’exposition aux contenus de ces produits sur les médias sociaux est associée à la fois à une perception plus faible des risques et à une probabilité accrue d’initiation et d’utilisation courante.

Un autre rapport récent de Campaign for Tobacco-Free Kids de décembre 2023[3], montre que Philip Morris International (PMI) et British American Tobacco (BAT) ont fait la promotion de leurs nouveaux produits (tabac chauffé, sachets de nicotine, cigarettes électroniques) sur les réseaux sociaux dans 60 pays. Cela leur a permis de toucher 385 millions d’utilisateurs dans le monde, dont 16 millions étaient des mineurs. 10 millions de ces moins de 18 ans ont été exposés au marketing des sachets de nicotine Velo, de BAT, et 4,3 millions à celui de ses cigarettes électroniques Vuse. Près de 2 millions d’adolescents ont été exposés au marketing des produits IQOS, le dispositif de tabac chauffé de PMI.

Mots-clés : Réseaux sociaux, publicité, marketing, tabac, vapotage, nicotine, jeunes, initiation

©Génération Sans Tabac

AE


[1] Lynsie R. Ranker, Jiaxi Wu, Traci Hong, Derry Wijaya, Emelia J. Benjamin, Aruni Bhatnagar, Rose M. Robertson, Jessica L. Fetterman, Ziming Xuan, Social media use, brand engagement, and tobacco product initiation among youth: Evidence from a prospective cohort study, Addictive Behaviors, Volume 154, 2024,doi.org/10.1016/j.addbeh.2024.108000.

[2] Industry influencer: how tobacco content is infiltrating social media, Truth Initiative, publié le 20 juillet 2023

[3] #SponsoredByBigTobacco: Tobacco & Nicotine Marketing on Social Media, Campaign for Tobacco-Free Kids, publié le 8 décembre 2023

Comité national contre le tabagisme |

Publié le 23 avril 2024