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Étude : Les arômes des e-liquides peuvent produire des substances chimiques nocives lorsqu’ils sont chauffés

Une étude irlandaise suggère qu’une nouvelle vague de maladies chroniques pourrait apparaître dans les 15 à 20 prochaines années suite à l’exposition au long terme aux substances chimiques toxiques produites par la pyrolyse des arômes des cigarettes électroniques. L’équipe du Département de chimie du Royal College of Surgeons Ireland (RCSI) alerte sur les dangers potentiels liés au « cocktail de produits chimiques » produits par le chauffage de la vaste gamme d’arômes actuellement disponibles.

Les dispositifs de vapotage chauffent les e-liquides à des températures élevées (100° à 400°) permettant la formation d’un aérosol qui est inhalé par l’usager. Ces liquides contiennent de la glycérine végétale, du propylène glycol, de la nicotine et des arômes, mélangés en différentes concentrations.

L’étude, publiée dans Scientific Reports[1], note que les risques potentiels pour la santé sont pour partie imprévisibles étant donnée la grande diversité de dispositifs et leur évolution rapide, ainsi que celle de la gamme des arômes proposés et la possibilité illimitée de mélanges en concentrations variées de ces nombreux produits.

Des substances chimiques dangereuses et toxiques

La recherche s’est appuyée sur l’intelligence artificielle (IA) pour simuler et caractériser la formation de nouveaux composés chimiques résultant de la pyrolyse par chauffage des arômes des e-liquides.

L’étude a analysé 180 produits chimiques différents contenus dans les e-liquides. Ces produits chimiques sont principalement dérivés de l’industrie alimentaire, et donc destinés à être ingérés, et non inhalés. En les chauffant, un seul produit chimique peut être à l’origine par une pyrolyse de 10 à 20 composés distincts, et ces nouveaux produits peuvent être eux-mêmes aussi soumis à cette pyrolyse et être à l’origine de nouveaux produits. Enfin tous ces nouveaux produits peuvent potentiellement réagir entre eux.

Presque tous les arômes soumis au modèle d’IA produisent au minimum un produit classé comme dangereux pour la santé, et certains plusieurs, la présence, ou non, de nicotine dans les e-liquides n’intervenant pas.

La formation de substances chimiques dangereuses, dont 127 classées comme toxiques aiguës, 153 comme dangereuses pour la santé et 225 comme irritantes a été observée, dont, par exemple, des composés organiques volatils (COV) suite à la pyrolyse d’arômes fruités et sucrés, confirmant ainsi des observations antérieures[2] qui démontraient la production de ces COV  toxiques pour la santé.

Les auteurs appellent à interdire les arômes dans les produits du vapotage

Étant donné la popularité des arômes chez les adolescents et les jeunes adultes, fumeurs ou non, il est indispensable d’envisager et de prévenir les effets potentiels à long terme de l’inhalation régulière de ces produits, en termes de morbidité et de mortalité, conclut l’étude. A ce titre, l’IA peut être un atout permettant de donner des conseils éclairés au grand public, aux décideurs politiques et aux professionnels de la santé.

Selon l’auteur sénior, Donal O’Shea, professeur de chimie au RCSI, ces résultats montrent qu’il est nécessaire d’interdire l’ensemble des arômes dans les produits du vapotage « avant qu’il ne soit trop tard », car «il est plausible que nous soyons à l’aube d’une nouvelle vague de maladies chroniques qui apparaîtront dans 15 ou 20 ans en raison de ces expositions ».

©Génération Sans Tabac

AE


[1] Kishimoto, A., Wu, D. & O’Shea, D.F. Forecasting vaping health risks through neural network model prediction of flavour pyrolysis reactions. Sci Rep 14, 9591 (2024). https://doi.org/10.1038/s41598-024-59619-x

[2] Chen, J. Y., Canchola, A. & Lin, Y.-H. Carbonyl composition and electrophilicity in vaping emissions of flavoured and unflavored e-liquids. Toxics 9, 345 (2021).

Comité national contre le tabagisme |

Publié le 21 mai 2024