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En Afrique du Sud, la nouvelle taxe sur les cigarettes électroniques et le tabac chauffé est diversement accueillie

Depuis le 1er juin 2023, une nouvelle taxe de 2,90 rands par millilitre doit s’appliquer à la fois sur les e-liquides et sur les produits de tabac chauffé. Les industriels du vapotage considèrent que cette taxe est trop lourde, tandis qu’un institut de recherches économiques l’estime très insuffisante.

Le coût d’un flacon d’e-liquide a doublé en Afrique du Sud, depuis 1er juin 2023.  La nouvelle taxe, qui a conduit à une augmentation de 2,90 rands/ml (soit 0,14 euros) d’e-liquide, porte ainsi le prix d’un flacon de 100 ml à 490 rands au lieu de 200 rands actuellement[1]. Les produits de tabac chauffé, qui n’étaient jusqu’ici pas non plus taxés, se voient également appliquer cette taxe.

Une taxation surévaluée selon les industriels

Les industriels du vapotage, réunis sous la bannière de la Vapour Products Association South Africa (VPASA), s’attendaient à une augmentation de prix, mais considèrent que celle-ci est d’autant plus disproportionnée qu’il s’agit d’une nouvelle taxe[2]. Asanda Gcoyi, directrice générale du VPASA, évalue que cette taxe devrait entraîner une baisse de 26 % des ventes de cigarettes électroniques, avec un effet de report sur le tabac fumé, et qu’elle pourrait provoquer la disparition de 2250 emplois.

Une taxe qui nécessiterait d’être renforcée selon la société civile

Les chercheurs de la Research Unit on the Economics of Excisable Products (REEP) considèrent au contraire que cette taxe est insuffisante pour juguler le vapotage, en pleine croissance depuis plusieurs années. Ils estiment qu’une augmentation de 5 rands/ml d’e-liquide serait préférable, et souhaitent qu’un montant de 50 rands (2,40 euros) soit appliqué à la vente des appareils de vapotage, qu’ils délivrent ou non de la nicotine. Les conséquences en termes de baisse des ventes et d’emploi avancées par les industriels leur paraissent très exagérées.

En appui de cet argument, Kirsten Van Zee, une chercheuse du REEP, rappelle que cette nouvelle taxe ne porterait les droits d’accises qu’à 8,4 % du prix total des cigarettes électroniques, alors que les produits du tabac sont dans ce pays taxés à hauteur de 40 %[3]. Elle dénonce par ailleurs les cigarettes électroniques comme une porte d’entrée dans le tabagisme et non pas comme une aide au sevrage, ce qui justifierait d’autant plus une taxation forte. La toxicité des cigarettes électroniques n’étant pas encore fermement établie, elle préconise de leur appliquer le principe de précaution en attendant de nouvelles données. Cette nouvelle taxe était cependant annoncée depuis début 2023, avec l’adoption par le parlement sud-africain de la loi sur le contrôle des produits du tabac et des systèmes de délivrance électronique, et sa mise en place avait déjà été différée de six mois.

Mots-clés : Afrique du Sud, vapotage, droits d’accises, taxes.

©Génération Sans Tabac

MF

[1] Brederode W, Surge in vape juice prices coming as new sin tax is introduced next month, News24, publié le 13 mai 2023, consulté le 7 juin 2023.

[2] New smoking tax hitting South Africa tomorrow, BusinessTech, publié le 31 mai 2023, consulté le 7 juin 2023.

[3] L’organisation Mondiale de la Santé recommande pour sa part de porter jusqu’à 75 % les droits d’accises sur les produits du tabac.

Comité national contre le tabagisme |

Publié le 13 juin 2023