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Des universités entièrement sans tabac en Tunisie

Depuis le 2 janvier 2024, il est interdit de fumer dans tous les locaux des établissements universitaires de Tunisie. Plusieurs actions d’aide au sevrage tabagique et de sensibilisation accompagnent cette interdiction. Cette mesure rappelle l’importance de préserver du tabagisme, actif comme passif, les jeunes et les lieux d’enseignement.

C’est à l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, le 31 mai 2023, que fut signée en Tunisie une charte pour la lutte antitabac. La cheffe du gouvernement avait alors rassemblé neuf de ses ministres pour mettre en place une coordination multisectorielle de la lutte antitabac[1]. Il s’agissait notamment de mettre la Tunisie en accord avec les directives de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), et d’acter des mesures concrètes. Avec 13 200 décès lui étant attribués en 2019, le tabagisme représente en effet 20 % des causes de mortalité en Tunisie et pèse sur le développement économique du pays.

L’une de ces mesures a fait l’objet d’une circulaire parue le 24 août 2023. Celle-ci vise à  faire appliquer l’interdiction de fumer dans tous les établissements universitaires de Tunisie et est entrée en vigueur le 2 janvier 2024[2]. Un décret de novembre 1998 interdit en effet de fumer dans les lieux d’enseignement, mais était peu appliqué et autorisait des espaces réservés aux fumeurs.

L’interdiction de fumer s’applique à l’ensemble des locaux universitaires

L’interdiction de fumer concerne l’ensemble des lieux des universités tunisiennes, au sein de l’enceinte qu’il s’agisse de l’intérieur des locaux ou à l’extérieur de ceux-ci. Bureaux, salles de cours, salles de réunion, laboratoires, restaurants universitaires, mais aussi couloirs, halls, toilettes, jardins et foyers sont expressément désignés comme des lieux sans tabac. Des panneaux d’interdiction de fumer doivent être installés de manière visible et en nombre suffisant. Les contrevenants s’exposent d’une part à des sanctions disciplinaires, d’autre part aux sanctions pénales prévues par la loi du 23 février 1998. Les cigarettes électroniques, dont l’usage est pourtant en croissance en Afrique du Nord, ne sont pas mentionnées dans cette mesure et semblent peu réglementées en Tunisie[3].

En parallèle de cette mesure de protection des étudiants et des personnels universitaires à l’égard des risques du tabagisme passif, des campagnes de sensibilisation sur les risques de cette exposition au tabagisme passif et d’incitation à l’arrêt du tabac vont être déployées. Des événements seront organisés par les clubs culturels dans les locaux universitaires pour sensibiliser le public. Des séminaires et des manifestations scientifiques, organisés en collaboration avec la médecine scolaire et universitaire, devraient les relayer.

Les universités, lieux qui devraient être, par principe, sans tabac

Une étude publiée en 2022 avait indiqué que les trois quarts des jeunes Tunisiens étaient exposés au tabagisme passif, y compris au sein des établissements d’enseignement[4]. En juin 2023, Hatem Bouzaiene, président de l’Alliance tunisienne contre le tabac, indiquait que 30 % des mineurs et 50 % des hommes sont fumeurs, faisant de la Tunisie l’un des pays arabes les plus fumeurs[5]. Avec tous les autres lieux d’enseignement, les établissements universitaires font pourtant partie des sites identifiés par le décret de novembre 1998 comme devant être sans tabac. Les universités sont par ailleurs des lieux de travail et doivent protéger l’ensemble de leurs salariés, bien au-delà des salles de cours.

Une des nouveautés de cette mesure est d’inclure les espaces extérieurs et non couverts des universités. L’inclusion de lieux extérieurs dans le champ de l’interdiction de fumer se multiplie dans de nombreux pays. En France, les initiatives municipales se sont développées au cours de ces dernières années en particulier aux abords des établissements scolaires. Sur la base de ces expériences locales, une généralisation de cette interdiction de fumer aux abords de l’ensemble des établissements scolaires a ainsi été intégrée dans le nouveau Programme national de lutte contre le tabac 2023-2027 (PNLT), publié en novembre 2023.

Mots-clés : Tunisie, universités, interdiction de fumer, tabagisme passif

©Génération Sans Tabac

MF


[1] OMS-Région Méditerranée orientale, Réunion du groupe ministériel pour la lutte antitabac en Tunisie, consulté le 8 janvier 2024.

[2] Ben Mansour L, La Tunisie adopte des mesures strictes pour éradiquer la cigarette dans les universités, Yaluna, publié le 3 janvier 2024, consulté le 8 janvier 2024.

[3] Jirjees F, Dallal Bashi YH, Kharaba Z, Ahmadi K, Barakat M, AlObaidi H. Public awareness, prevalence, and regulations for the sale of electronic cigarettes in Arab countries: A narrative review. Tob Induc Dis. 2023 Oct 27;21:143.

[4] Ayedi Y, Harizi C, Skhiri A, Fakhfakh R. Linking Global Youth Tobacco Survey (GYTS) data to the WHO Framework Convention on Tobacco Control (FCTC): The case for Tunisia. Tobacco Induced Diseases. 2022;20(January):7. doi:10.18332/tid/143994.

[5] Tabagisme : des chiffres effrayants en ce qui concerne les enfants et les adolescents !, Business News, publié le 2 juin 2023, consulté le 8 janvier 2024

Comité national contre le tabagisme |

Publié le 11 janvier 2024