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Jusqu’à 70% des BPCO provoquées par le tabac

Une synthèse de l’Organisation Mondiale de la Santé fait le point sur l’impact du tabac sur l’apparition et le développement de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Les produits et la fumée du tabac sont des causes majeures de BPCO et des pathologies qui lui sont associées. L’arrêt du tabac et de l’exposition à la fumée sont les premières étapes permettant d’enrayer la BPCO. 

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) a tué 3,23 millions de personnes dans le monde en 2019 et est fortement corrélée au tabagisme. Elle constitue la troisième cause de mortalité globale, avec un taux de mortalité de 25 % à cinq ans. On estime que 392 millions de personnes seraient touchées par la BPCO au niveau mondial, dont les deux tiers dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Comme les cancers et les maladies cardiovasculaires, la BPCO fait partie des maladies non transmissibles (MNT), dont le développement s’est accru ces dernières décennies et sur lesquelles l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) attire l’attention. C’est dans cet esprit que l’OMS vient de consacrer une synthèse aux liens entre tabac et BPCO[1].

Le tabagisme, risque majeur de la BPCO

Qu’il soit actif ou passif, le tabagisme est un risque majeur de développer une BPCO. La fumée de tabac contient en effet des milliers de composants chimiques, dont plusieurs dizaines sont toxiques et cancérigènes. Cette toxicité peut être accentuée par la présence des additifs ajoutés aux produits du tabac pour faciliter leur consommation.

L’inhalation de la fumée du tabac entraîne une inflammation chronique des voies respiratoires, ainsi que des infections, du stress oxydatif et des dommages sur les échanges gazeux au sein des poumons. Une exposition prolongée à cette fumée, y compris de manière passive, peut conduire à l’installation progressive et irréversible d’une BPCO. Celle-ci entraîne un rétrécissement des voies respiratoires, et donc une diminution de l’apport d’air qui altère le fonctionnement des poumons. Elle se manifeste sous forme d’une toux chronique, d’un essoufflement, d’expectorations, et impacte négativement l’ensemble de la santé. On estime que 70 % des cas de BPCO sont causés par la fumée du tabac dans les pays à haut revenu, tandis que l’exposition à la pollution environnementale est responsable de 60 % des cas relevés dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

De nombreuses pathologies associées

Etre atteint d’une BPCO prédispose également à d’autres problèmes de santé. Les personnes atteintes d’une BPCO ont en effet quatre à six fois plus de risques de développer un cancer du poumon qu’en population générale. Ces deux pathologies partagent des symptômes communs, comme la toux chronique, l’essoufflement et la douleur thoracique. Les personnes atteintes de BPCO sont également davantage sujettes aux risques cardiovasculaires, l’inflammation respiratoire chronique pouvant réduire l’afflux sanguin et augmenter le risque de caillots sanguins. Les personnes atteintes d’asthme, d’infections respiratoires ou d’allergies et exposées au tabagisme passif ont par ailleurs davantage de risques de développer ou d’aggraver une BPCO. L’exposition intra-utérine à la fumée de tabac augmente le risque de développer ultérieurement une BPCO ou un cancer du poumon.

Dans toutes ces situations, l’arrêt du tabac est un préalable indispensable. Celui-ci permet de réduire la progression de la BPCO et le risque de survenue d’un cancer du poumon. Il limite également le risque de développer des complications liées à la BPCO, notamment cardiovasculaires ou de diabète de type 2. En termes de santé publique, vouloir réduire la BPCO dans la population globale implique, outre la prévention d’entrer dans le tabagisme, d’encourager le sevrage tabagique et de faciliter l’accès des fumeurs aux professionnels de santé.

Impact des nouveaux produits du tabac et de la nicotine sur la BPCO

Si la fumée de tabac est un vecteur bien identifié de la BPCO, d’autres produits du tabac et de la nicotine peuvent aussi avoir une incidence sur le développement de cette maladie :

  • Les produits du tabac oraux (à chiquer, à priser ou snus[2]) ne produisent pas de fumée, mais contiennent de nombreuses substances chimiques et toxiques qui peuvent occasionner des cancers de la bouche et de la gorge, lesquels peuvent affecter indirectement les poumons.
  • Les produits de tabac chauffé (IQOS, en France) émettent également de nombreuses particules toxiques qui peuvent provoquer des allergies persistantes ou causer des lésions inflammatoires  des voies aériennes – ce qui constitue la principale cause de BPCO. Bien que leurs fabricants les déclarent moins nocifs que les cigarettes conventionnelles, les produits de tabac chauffé affectent les poumons de façon identique à celle des cigarettes conventionnelles. La forte prévalence de BPCO chez les usagers duels de tabac chauffé et de tabac fumé indique qu’il n’y a aucune réduction des risques sur ce plan.
  • Les aérosols des cigarettes électroniques peuvent aggraver des symptômes respiratoires et réduire la fonction respiratoire. L’incidence directe du vapotage sur la BPCO n’est pas établie, mais il pourrait constituer un facteur de risque de BPCO chez les personnes n’ayant jamais fumé. Les effets à long terme du vapotage sur le système respiratoire restent encore à évaluer.

Les poumons des enfants et des adolescents étant plus vulnérables aux facteurs de risque de la BPCO, l’OMS préconise de mettre en place des mesures de protection contre les stratégies de marketing les visant, qu’il s’agisse de cigarettes conventionnelles ou d’autres produits du tabac ou de la nicotine.

Mots-clés : BPCO, inflammation chronique, tabagisme passif, tabac chauffé, cigarette électronique

©Génération Sans Tabac

MF


[1] Tobacco and chronic obstructive pulmonary disease (‎COPD), WHO tobacco knowledge summaries, 8 p., publié le 14 novembre 2023, consulté le 17 novembre 2023

[2] Les snus sont des sachets de tabac qui se placent entre la lèvre et la gencive. Ils sont souvent confondus avec les sachets de nicotine, qui s’utilisent de la même manière mais ne contiennent pas de tabac.

Comité national contre le tabagisme |

Publié le 26 novembre 2023