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BCPO : l’arrêt du tabac diminue le nombre d’hospitalisations et de décès

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une affection pulmonaire caractérisée par une obstruction permanente des voies aériennes. C’est une maladie respiratoire à la fois chronique et progressive des bronches : le souffle diminue progressivement, pouvant conduire à une détresse respiratoire aigüe. Elle pourrait selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé) devenir la 3e cause de mortalité dans le monde d’ici 2030. Il s’agit donc d’un véritable enjeu de santé publique. Or, il est aujourd’hui possible d’agir sur sa principale cause : le tabagisme, identifié comme responsable de plus de 80 % des cas de BPCO.

Lors de l’émission « Priorité santé » diffusée le 18 novembre dernier sur RFI (Radio France Internationale) se sont exprimés à ce sujet :

  • le Pr Bruno Housset, président de la Fondation du Souffle et professeur émérite à la Faculté de médecine de Créteil, dans le Val-de-Marne ;
  • Pr Jean-Marie Kayembé, chef du service de Pneumologie aux Cliniques universitaires de Kinshasa en République démocratique du Congo, doyen de la Faculté de Médecine de Kinshasa et professeur de Pneumologie physiologie respiratoire et maladies professionnelles ;
  • Anne-Marie Sabbag, patiente atteinte d’une BPCO de stade 3 (sur 4 existants) ;
  • Éric Salone, fondateur de l’association « Josiane Salone, tous unis contre la BPCO ».

Symptômes et dépistage de la BPCO

L’essoufflement à l’effort, la toux, l’expectoration, les bronchites à répétition doivent conduire à un examen médical de mesure du souffle, la spirométrie. Mais la BPCO reste souvent longtemps une maladie silencieuse en plus d’être méconnue, ce qui amène Éric Salone, fondateur de l’association « Josiane Salone, tous unis contre la BPCO » a demander, via une tribune, la mise en place d’un dépistage systématique inscrit dans la loi. Selon lui, une journée nationale de sensibilisation par an reste très insuffisante à l’heure actuelle. Il estime notamment que les praticiens devraient informer chaque patient à risque afin que celui-ci se fasse dépister le plus tôt possible. Le Pr Jean-Marie Kayembé, exerçant à Kinshasa, précise néanmoins que les moyens techniques nécessaires ne sont pas disponibles dans tous les pays, et les professionnels parfois insuffisamment formés.

« Le fumeur banalise ses symptômes »

La BPCO reste encore relativement méconnue – des patients comme des médecins et des élus – et sous-diagnostiquée. Selon le Pr Housset, le fait que les fumeurs toussent, crachent et s’essoufflent régulièrement à cause de leur tabagisme entraîne souvent une consultation et un diagnostic tardifs.

En France, la BPCO concerne aujourd’hui 3,5 millions de personnes et de plus en plus de femmes car ces dernières sont de plus en plus nombreuses à fumer.

Traiter les causes du tabagisme

Interviewée dans le cadre de cette émission, Anne-Marie Sabbag, atteinte d’une BPCO stade 3, explique avoir arrêté de fumer en 2013, soit 14 ans après l’annonce de son diagnostic. La raison : une trop forte dépendance. Pour elle, le combat ne doit donc pas simplement porter sur le tabagisme lui-même, mais sur les raisons qui amènent une personne à devenir dépendante du tabac, l’anxiété par exemple. Chez cette patiente, les mises en garde du personnel soignant quant à sa pratique se sont ainsi montrées sans effet tant son angoisse, et donc son addiction au tabac, étaient grandes.

Accompagner dans le sevrage

Le Pr Housset rappelle quant à lui que s’il existe en France des centres d’aide au sevrage très efficaces, le plus important reste la démarche personnelle et la volonté du fumeur. Il mentionne aussi la présence sur le site de la Fondation du souffle d’un test du souffle et d’une mesure de dépendance à la cigarette qui peuvent amorcer la réflexion.

Freiner l’évolution de la BPCO

Si la BPCO ne se guérit pas, la prise en charge liée à un diagnostic précoce peut arrêter l’évolution de la maladie et limiter la sévérité des atteintes. Il faut en premier lieu se soustraire aux risques extérieurs de l’environnement : arrêter le tabac si l’on est fumeur et améliorer la qualité de l’air que l’on respire – pollution automobile, produits ménagers agressifs pour les bronches, foyers de cheminées ouverts, etc. Cette qualité de l’air est importante dès le plus jeune âge, car des expositions dans l’enfance peuvent mener au développement d’une BPCO à l’âge adulte.

On précisera enfin que les stages de réhabilitation, tels que ceux organisés par le réseau Récup’Air, et le maintien d’une activité physique adaptée sont également très bénéfiques. Traitements médicaux réguliers et vaccinations sont évidemment fréquemment associés à la BPCO, mais l’hygiène de vie reste néanmoins fondamentale.

Conclusion

En ce « Mois sans tabac 2020 », sensibilisation et information quant au lien entre tabagisme et BPCO semblent donc nécessaires pour réduire le nombre de décès liés à cette pathologie, éviter des évolutions particulièrement pénibles vers les stades les plus avancés de la BPCO, et limiter les conséquences professionnelles et familiales pouvant être désastreuses.

©Génération Sans Tabac


[1] Caroline Paré, Journée mondiale de la BCPO, www.rfi.fr, émission « Priorité santé » du 18 novembre 2020.

[2] Comprendre la BPCO ou bronchopneumopathie chronique obstructive, www.ameli.fr (22 juillet 2020 – consulté le 19 novembre 2020).

[3] Site bpco.org

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Publié le 20 novembre 2020